Le module Phases de la Lune montre l'état de la Lune à tout instant : sa phase, la part de son disque éclairée, son lever et son coucher, sa distance et sa position dans le ciel. Tout est calculé sur votre appareil par un moteur astronomique, et le disque est dessiné en direct à partir des cartes officielles de la NASA. Aucune connexion n'est nécessaire.

Ce module a besoin d'un emplacement pour situer la Lune dans votre ciel. Si ce n'est pas encore fait, définissez-le d'abord : c'est expliqué dans le guide Localisation. Le lever, le coucher, l'azimut et l'inclinaison locale du croissant dépendent du lieu ; la phase et les dates des phases, elles, sont identiques partout sur Terre.

Vous cherchez plutôt à recevoir une notification aux phases principales, comme la nouvelle lune ou la pleine lune ? Ces alertes se règlent dans un module dédié : consultez le guide des Alertes.

1. Lire l'écran des phases

Comment l'ouvrir ? Depuis l'accueil, touchez la carte « Phases de la Lune ». Si aucun emplacement n'est encore défini, l'application vous le demande d'abord (voir le guide Localisation).

En haut, le pays, la ville et le fuseau horaire de votre emplacement, avec trois boutons : « ? » ouvre les questions fréquentes du module, l'épingle change de lieu, et l'engrenage ouvre les réglages.

La carte du haut donne deux mesures de l'instant : l'illumination (la part du disque éclairée par le Soleil) et l'épaisseur du croissant (la largeur de sa partie éclairée, en minutes d'arc : un indice de sa finesse).

Le disque de la Lune n'est pas une photo : il est dessiné en direct d'après les cartes de la NASA, avec la phase, l'éclairage et l'orientation réels pour l'instant et le lieu affichés (voir plus bas).

Le nom de la phase et la frise. Sous le disque, le nom de la phase (par exemple « Premier croissant »). Un bouton « En direct » apparaît à droite dès que vous vous éloignez du présent ; touchez-le pour y revenir. En dessous, une frise temporelle permet de voyager dans le temps : tirez le ruban, du mois précédent au mois suivant, et le disque comme toutes les valeurs suivent, minute par minute. Chaque jour y est repéré par sa date au format jour/mois (« 20/07 »), et le repère jaune marque l'instant présent.

La carte de détails s'ouvre sur un en-tête à deux lignes : la date grégorienne et l'heure de l'instant affiché, puis la date hégirienne précédée du jour de la semaine. En dessous, elle liste les mesures qui varient d'instant en instant :

  • Âge de la Lune : le temps écoulé depuis la nouvelle lune (la conjonction), en jours, heures et minutes. Ce n'est pas forcément la date du calendrier hégirien (détaillée plus bas).
  • Élévation : la hauteur de la Lune dans le ciel, négative quand elle est sous l'horizon (donc invisible).
  • Arc de vision : l'écart de hauteur entre la Lune et le Soleil. C'est au coucher du Soleil qu'il compte pour la visibilité du croissant : plus il est grand, plus le croissant est haut au-dessus du Soleil, donc facile à voir. Touchez « Coucher du Soleil » pour vous y placer.
  • Azimut : sa direction, mesurée depuis le nord (0° nord, 90° est, 180° sud, 270° ouest).
  • Différence d'azimut : l'écart de direction entre le Soleil et la Lune le long de l'horizon ; au coucher du Soleil, il indique de combien le croissant est décalé latéralement par rapport au Soleil.
  • Position orbitale : l'angle parcouru sur l'orbite depuis la nouvelle lune (90° au premier quartier, 180° à la pleine lune, 270° au dernier quartier).
  • Élongation : l'écart angulaire réel entre le Soleil et la Lune vus de la Terre, de 0° à 180° : le critère qui commande la visibilité du croissant (voir plus bas).
  • Distance : la distance Terre-Lune à cet instant, qui varie car l'orbite est elliptique (voir plus bas).

2. Les événements du jour et le cycle

En continuant vers le bas, une seconde carte réunit les événements liés au jour affiché :

  • Lever et coucher de la Lune : les heures où son bord supérieur apparaît puis disparaît à l'horizon, pour votre position. Certains jours affichent « - » à la place : c'est normal, expliqué plus bas.
  • Coucher du Soleil : rappelé ici car le croissant du soir ne se cherche à l'œil nu qu'entre ce moment et le coucher de la Lune.
  • Rémanence : la durée entre le coucher du Soleil et celui de la Lune, soit la fenêtre pendant laquelle le croissant peut rester visible après le coucher du Soleil. Elle affiche « - » si la Lune se couche avant le Soleil.

La lunaison en cours. En bas, une carte est consacrée à la lunaison (le cycle lunaire) en cours, celle qui contient le moment présent : elle ne suit pas la frise, c'est un repère fixe du mois lunaire. Son en-tête donne le numéro de lunaison (par exemple « Lunaison n° 1281 (BLN) », un compteur astronomique continu, détaillé plus bas) et la période qu'elle couvre, d'une nouvelle lune à la suivante. En dessous, ses cinq phases : la nouvelle lune, le premier quartier, la pleine lune, le dernier quartier, et la nouvelle lune qui ouvre la lunaison suivante. Chacune indique sa date et son heure, puis le temps qui la sépare du moment présent, minutes comprises (« dans 5d 3h 12m » pour une phase à venir, « il y a 2d 7h 30m » pour une phase passée, avec les unités latines d, h et m de l'application). La prochaine phase est mise en évidence, et toucher une phase cale la frise, le disque et les mesures sur son instant.

3. Régler l'affichage de la Lune

Comment y accéder ? Touchez l'engrenage, en haut de l'écran.

Accès rapide : le bouton « Changer de lieu (Ville) » ouvre directement la page de localisation, sans repasser par l'accueil.

Orientation (« Telle qu'elle apparaît dans ton ciel »). Désactivée, la Lune est présentée avec le nord céleste en haut, comme dans les références astronomiques. Activée, le disque s'incline exactement comme dans votre ciel à l'instant affiché : l'inclinaison change alors vite, car elle suit la rotation de la Terre (la Lune se lève penchée d'un côté, se redresse au méridien, puis se couche penchée de l'autre). Ce réglage n'a pas d'effet observable quand la Lune est sous l'horizon.

Apparence (« Couleurs minérales »). Activée, elle affiche les vraies teintes de la surface (basaltes bleutés, oxydes de fer bruns) mesurées par la mission Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA. Désactivée, la Lune prend son aspect argenté, tel qu'on la voit à l'œil nu.

Pour aller plus loin

Comment lire l'âge de la Lune, ce que révèle le croissant, pourquoi un lever manque parfois, et d'où vient l'image de la Lune.

L'âge de la Lune n'est pas la date du calendrier hégirien

L'âge de la Lune est le temps écoulé depuis la conjonction (la nouvelle lune astronomique), compté en continu depuis cet instant précis et affiché en jours, heures et minutes. Il repart de zéro à chaque nouvelle lune. C'est l'âge des éphémérides, identique partout sur Terre au même instant.

Le calendrier hégirien, lui, commence ses mois à l'observation du croissant, ou selon la convention du calendrier adopté : il peut donc différer d'un jour ou deux. Ce module est un outil d'observation astronomique, pas une référence religieuse pour le début des mois.

Le numéro de lunaison (BLN)

L'en-tête de la carte de la lunaison affiche un numéro, par exemple « Lunaison n° 1281 (BLN) ». BLN signifie « Brown Lunation Number » : un numéro astronomique qui compte les lunaisons, d'une nouvelle lune à la suivante, de façon continue depuis 1923. Il identifie sans ambiguïté le cycle lunaire en cours, et la nouvelle lune qui ouvre le cycle suivant porte le numéro juste après. Ce n'est volontairement pas le numéro du mois hégirien : la nouvelle lune précède d'environ un jour le début du mois hégirien (à l'observation du croissant), donc un numéro de mois laisserait croire à une exactitude qui n'existe pas.

Les indices de visibilité du croissant

Trois mesures renseignent sur la visibilité du croissant. L'élongation est l'écart angulaire réel entre le Soleil et la Lune vus depuis la Terre, de 0° à la nouvelle lune à 180° à la pleine lune : plus elle est faible, plus le croissant est fin et proche du Soleil, donc difficile à voir. Elle se distingue de la position orbitale, qui mesure l'angle parcouru sur l'orbite (de 0° à 360°) : les deux se rejoignent aux nouvelles et pleines lunes, mais s'écartent entre les deux.

L'épaisseur du croissant est la largeur de sa partie éclairée, exprimée en minutes d'arc : elle découle de l'élongation et grandit avec elle. La rémanence est la durée entre le coucher du Soleil et celui de la Lune, soit la fenêtre pendant laquelle le croissant peut encore se chercher dans le ciel du soir. Ces valeurs sont des indices d'observation : elles ne remplacent pas les critères retenus par les autorités religieuses pour le début des mois.

Deux autres repères, à lire au coucher du Soleil, complètent cette lecture. L'arc de vision est l'écart de hauteur entre la Lune et le Soleil : plus il est grand, plus le croissant est haut au-dessus du Soleil au moment du coucher, donc visible. La différence d'azimut est leur écart de direction le long de l'horizon, qui indique de combien le croissant est décalé latéralement par rapport au Soleil. Comme les précédents, ce sont des indices d'observation, pas des critères pour le début des mois.

Pourquoi un lever ou un coucher affiche « - »

La Lune se lève en moyenne 50 minutes plus tard chaque jour. Il arrive donc que certains jours civils n'aient pas de lever, et d'autres pas de coucher : l'événement glisse simplement après minuit, au jour suivant. Ce n'est pas une erreur, l'application reflète honnêtement le ciel. Aux latitudes proches des pôles, la Lune peut même rester plusieurs jours sans franchir l'horizon.

Un disque dessiné d'après les données de la NASA

Le disque de la Lune n'est pas une photo. L'application le dessine en direct à partir des cartes officielles de couleur et de relief de la mission Lunar Reconnaissance Orbiter, avec un éclairage calculé pixel par pixel pour l'instant affiché. Il utilise le modèle des sols poudreux (Lommel-Seeliger), qui décrit le régolithe lunaire : la zone éclairée est uniformément brillante, le terminateur (la ligne jour-nuit) est net avec ses ombres de cratères, et la face nocturne reçoit le clair de Terre, fort près de la nouvelle lune et disparu à la pleine lune.

La Lune ne montre pas toujours exactement la même face : elle oscille lentement (la libration). L'application calcule cette oscillation pour votre position et l'applique au disque, si bien que les mers et les cratères se décalent d'un jour à l'autre comme dans le vrai ciel, dévoilant au fil du temps jusqu'à 59 % de la surface.

Les couleurs, quand vous activez « Couleurs minérales », viennent des mesures réelles de la caméra grand angle de la sonde : une mosaïque de plus de 100 000 images dont les canaux correspondent à de vraies longueurs d'onde (rouge 643 nm, vert 566 nm, bleu 415 nm). Le bleu signale les basaltes riches en titane, le brun-orangé les régions riches en oxydes de fer, et les zones claires les hautes terres. À l'œil nu, ces différences sont trop faibles pour être perçues, et la Lune paraît argentée. Source : le CGI Moon Kit du Scientific Visualization Studio de la NASA, également cité dans la page Crédits de l'application.

Sur Android, ce disque détaillé demande Android 13 ou une version plus récente. Sur Android 8 à 12, l'application affiche à la place un disque plus simple, qui montre fidèlement la phase, c'est-à-dire la part éclairée (du croissant au quartier, puis à la pleine lune), mais sans la texture ni les couleurs de la NASA. Les mesures et les horaires, eux, restent identiques.

La précision des horaires

Le moteur a été vérifié face aux éphémérides de l'US Naval Observatory : l'écart typique est inférieur à une minute. Les heures sont affichées à la minute la plus proche, comme dans les éphémérides officielles. De petites différences avec d'autres applications restent possibles, surtout quand un événement tombe près de minuit, où une minute d'écart peut le déplacer d'un jour civil.